L’agglomération de Longueuil : une instance anti-citoyenne ?

Le billet qui suit est signé par un Bouchervillois; il s’ajoute à ceux de deux Lambertois qui ont déjà été publiés dans mon blogue. Je salue cette initiative et tout citoyen qui veut s’exprimer par écrit, Longueuillois compris, est invité à le faire.

Louis Mercier
Montarvillois, demi-citoyen d’un gouvernement de proximité

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On se pose toujours la question si notre palier de gouvernement municipal est constitué favorablement pour les citoyens et ses intérêts. Cette question est d’autant plus importante quand il y a d’importantes sommes qui sont concernées.

L’agglomération de Longueuil dit « non » à ses citoyens

Lors d’une séance publique du conseil d’agglomération de Longueuil du 16 février 2017, à la réponse à la question posée par un citoyen où une requête a été soumise aux élus pour adapter le déroulement des séances publiques pour tenir compte de la réalité des citoyens, la mairesse de Longueuil, Caroline Saint-Hilaire, a refusé la proposition de tenir les réunions publiques durant la soirée.

En l’espèce, un message clair a été soumis aux citoyens avec cette décision. Il n’est pas de l’intérêt de l’agglomération de Longueuil de s’adapter aux impératifs des citoyens et de pouvoir encourager la participation citoyenne en cette instance.

Les citoyens qui doivent rester au travail, les parents qui doivent aller chercher leur enfant à la fin de la journée, les personnes qui doivent affronter l’heure de pointe pour revenir à la maison ne peuvent tout simplement pas faire une entorse à leur horaire pour suivre les travaux de l’agglomération.

En l’occurrence, on laisse entrevoir une poursuite du concept qui veut que le conseil d’agglomération consiste en une instance pour les élus et les fonctionnaires.

Ce constat, bien regrettable en l’occurrence, ne laisse guère le choix aux citoyens que de militer pour de justes considérations et une vaste campagne de démocratisation de l’instance. La transparence et la reddition de compte passent, impérativement, par une adoption d’une culture de proximité avec les citoyens.

D’autres bévues d’agglomération

N’étant pas la seule chose répréhensible de la part de l’agglomération, il s’avère qu’il y a d’autres malaises que nous pouvons vivre quand nous décidons d’assister à une séance de ce conseil ou pire, poser une question devant le lutrin.

a) La surveillance malsaine du service des communications de la ville de Longueuil

Oubliez la tranquillité d’esprit dans cette salle, des employés du service des communications de la ville de Longueuil rôdent dans les recoins de la salle du conseil. Ils scrutent, à la loupe, les faits et gestes des gens pour assurer un contrôle politique du déroulement de la séance. Les pratiques de ce service peuvent aller par le pillage d’information par l’écoute des conversations que des citoyens peuvent avoir entre eux ou avec des journalistes, de conseiller les élus de Longueuil en temps réel lors de l’assemblée afin d’offrir, en permanence, un service de relation publique, la surveillance du mot à mot des paroles des citoyens afin de tout rapporter aux instances de la ville de Longueuil pour fins de stratégie communicative et de contrôle du message, bref, on a une drôle d’impression d’être dans une salle d’interrogation policière.

b) L’impossibilité d’échanger avec les élus du conseil d’agglomération

Une autre chose à oublier, ce sont les échanges entre les élus et les citoyens. Le mot d’ordre, «posez vos questions et assoyez-vous». Aussi déplorable soit cette situation, elle ne contribue pas à un sentiment de bonne relation avec nos représentants et elle contribue à une culture de reddition de compte défaillante. On croirait que ces élus (mettant la culture politique longueuilloise sur le banc des accusés) ont perdu le sens élémentaire d’être au service du peuple et que les employeurs véritables sont les citoyens. Je me demande si les fondateurs de la politique de régie interne et ceux qui l’applique savent ce que c’est la démocratie.

c) Cas personnel de censure et d’archaïsme

Rangez vos appareils électroniques, vous n’êtes pas autorisés à filmer ni à photographier la salle. Vous n’êtes pas autorisé, non plus, d’apporter un support visuel à vos publications Facebook comme quoi vous êtes présent, en direct, à la séance du conseil d’agglomération. Si vous êtes pris sur le fait, vous êtes immédiatement remis à l’ordre par du personnel de la ville de Longueuil. Juste pour des fins de contrôle du message, l’agglomération de Longueuil est reléguée à une époque passéiste, désadaptée à l’époque des réseaux sociaux et de la nouvelle génération… révoltant constat.

L’impact de l’agglomération dans vos vies

Représentant, en moyenne, une somme totale de 45 % du budget annuel de la ville, les dossiers traités par l’agglomération sont les services de police et de pompier, le transport en commun, l’approvisionnement en eau, les collectes résiduelles, l’évaluation foncière, la gestion des cours d’eau, le logement social et l’aménagement urbain, tous des sujets qui ont un impact direct dans la vie quotidienne des citoyens.

Étant donné l’importance des sujets et des enjeux, il importe de pouvoir dresser une relation de proximité avec les citoyens et des impliquer dans les dossiers. Cette proximité entre les acteurs vise, entres autres, à faire une culture de confiance plus solide entre les acteurs, notamment à lutter contre le cynisme ambiant à l’endroit de la politique en général.

Voie à suivre

M’attaquant à la forme de cette instance, je suis d’avis qu’elle est anti-citoyenne et qu’elle n’encourage pas la croissance de l’intérêt citoyen à son endroit. Par la présente, je me positionne de manière assez claire contre cette instance puisqu’elle viole mes valeurs profondes de démocratie et d’esprit civique.

Il importe de revoir, drastiquement, les règles de régie interne et les pratiques afin de voir poindre une orientation vers la démocratie telle qu’elle est ainsi conceptualisée.

Frédérick T. Bastarache-Ouellette, Bouchervillois

4 thoughts on “L’agglomération de Longueuil : une instance anti-citoyenne ?”

  1. Félicitations pour votre billet !
    Il faudrait ajouter à l’insulte que le gouvernement provincial prône par sa nouvelle loi que les municipalités constituent un gouvernement de proximité et en même temps, le ministre Coiteux se montre peu ouvert à revoir la gouvernance de l’agglomération laquelle souffre de carences évidentes dans sa gouvernance et le respect des élus des villes reconstituées.
    Le gouvernement en place ( le parti Libéral) est le même qui a renié sa parole de revoir les fusions municipales… aussitôt élu, il a contrevenu à son engagement.
    Ensuite, on fera de grandes analyses pour se demander pourquoi les citoyens sont désabusés de leurs élus ! Il me semble que la réponse est évidente.

    1. Merci bien pour votre commentaire monsieur Dufour, cela est fort apprécié.

      J’ai comme une sorte d’obligation de sortir Boucherville de son mutisme et que les complaintes ne sont pas uniquement en provenance des trois villes en cause dans les demandes.

      De plus, il faillait que mon malaise sorte.

  2. « b) L’impossibilité d’échanger avec les élus du conseil d’agglomération

    Une autre chose à oublier, ce sont les échanges entre les élus et les citoyens. Le mot d’ordre, «posez vos questions et assoyez-vous». Aussi déplorable soit cette situation, elle ne contribue pas à un sentiment de bonne relation avec nos représentants et elle contribue à une culture de reddition de compte défaillante. »

    Pratique adoptée par le bon maire Martel il y a quelques années, lui qui se fait le grand apôtre de la participation citoyenne… Il ne faudrait pas l’oublier.

    1. Il s’agit d’une chose que je regrette effectivement à Boucherville.

      Je suis d’avis qu’il faudra rétablir les échanges avec les élus… question d’aller dans une reconstitution démocratique en séance tenante du conseil municipal de Boucherville.

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